Sa Vie

Kemal Bilbaşar est né en 1910 à Çanakkale, en Turquie. Son père, chef de police à Salonique, fut assassiné quand l'auteur avait deux ans.  Sa jeune mère s'enfuit alors avec ses enfants en Anatolie, s'installa à Eskişehir et s'y remaria avec un fonctionnaire, lui-même veuf avec deux enfants.  L'extrême pauvreté des années de guerre obligea Kemal à gagner sa vie très jeune en vendant des journaux, des allumettes, des bonbons en dehors des heures d'école.

"Lors des soirées d'hiver, notre passe-temps familial favori était de lire des histoires à haute-voix et de raconter des contes de fées," se souvenait l'écrivain.  "Si aujourd'hui, je cherchais notre petite maison, je ne la retrouverais probablement pas, mais je me la rappellerais toujours comme dans un rêve, enchâssée dans les récits hauts en couleurs des 'Mille et une nuits.'

Après ses études secondaires, Bilbaşar réussit à obtenir une bourse pour l'école normale d’Edirne où il fut diplômé en 1929.  Les deux années qui suivirent, il enseigna à l'école primaire de Kirklareli. Cependant, son désir d'approfondir ses connaissances le conduisit à étudier l'histoire à l'Institut Gazi Terbiye, école normale créée par Atatürk.  Il obtint son diplôme en 1935.  La même année il épousa Bedia Bilge, une étudiante diplômée de la faculté des Arts de la même université et vint s'installer avec elle à Izmir. Couple très uni, ils ne se sont jamais séparés un seul jour durant toute leur vie ; ils ont eu deux enfants. Bilbaşar enseigna l'histoire et la géographie au Lycée Karatas à Izmir de 1937 à 1961.

La première œuvre de Bilbaşar est une nouvelle (Çımacı Hasan), publiée en 1937 dans un quotidien d'Izmir.  L'année suivante, il créa avec deux amis poètes, un mensuel littéraire: Aramak (Recherches).

"Notre maison devint un club littéraire," se souvenait l'écrivain. "Chaque soir, nous nous rencontrions là, jusqu'à l'aube.  Nous lisions les poèmes et les nouvelles que nous avions écrits, choisissions ceux d'entre eux qui seraient publiés, discutions des derniers événements du monde littéraire, et préparions le magazine qui allait sortir."

Le premier prix littéraire que reçut Bilbaşar, tout comme sa première série de nouvelles (Anadoludan Hikayeler - Contes d'Anatolie) datent de 1939.  Depuis lors, à part les années silencieuses entre 1945-1952 où il fut poursuivi pour ses idées progressistes, Bilbaşar écrivit sans interruption des nouvelles, des romans, des pièces de théâtre, des feuilletons radiophoniques et des scenarii de films.  Entre 1953 et 1971, il s'exprima essentiellement dans le quotidien d'opposition Demokrat Izmir mais ses éditoriaux, ses articles, ses nouvelles et ses romans furent publiés dans de nombreux journaux quotidiens et magazines littéraires.

En 1961, afin de se consacrer entièrement à son travail littéraire, il pris sa retraite de l’enseignement.  Après quelques années d'activité politique, il s'installa à Istanbul, libre de tout engagement.  Ses œuvres les plus réussies et les plus populaires datent de cette période, avec CEMO remportant en 1967 le plus grand prix littéraire turc du meilleur roman décerné par l’« Académie de la Langue Turque » (Türk Dil Kurumu). YESIL GOLGE, a reçu quant à lui, en 1970, le prix May Edebiyat Ödülü pour le meilleur roman de l'année.

Kemal Bilbaşar est mort le 21 janvier 1983.

Kemal Bilbasar reçoit le prix Türk Dil Kurumu Roman Ödülü des mains du Président de la République Turque, Cevdet Sunay.